Les bleuités
« …Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour ! » — Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre (1871)
Le mot « Bleuité » a été utilisé la première fois par Arthur Rimbaud dans Le Bateau ivre. Il ne désigne pas seulement la couleur bleue, mais aussi toutes les nuances, les états, les émotions, les atmosphères associés à cette couleur.
Comme si le bleu était un être vivant.
La complexité d’une couleur
Le terme de « Bleuités » est une façon de dire que le bleu n’est pas une couleur statique : elle pulse, vibre et se transforme.
Cela renvoie à l’idée que la couleur bleu peut-être une porte vers l’invisible, le rêve, mais est aussi bien présente dans la réalité.
Elle évoque aussi des états plus troubles comme dans le poème de Rimbaud : « les rousseurs amères de l’amour ».
Peinture/musique
Dans le cadre de cette exposition, le terme de « bleuités » prend aussi une dimension expérimentale : il s’agit d’explorer comment les nuances de bleu se manifestent en peinture et en musique, et comment elles créent une expérience synesthésique (où peinture et musiques se répondent).
En peinture, les nuances de bleu captent la lumière ou plongent dans l’ombre. Les œuvres jouent avec la matière pour évoquer l’eau, le ciel, ou des formes abstraites.
En musique, la bande-son au style électronique et techno (composée par Raphaël), où les sons profonds, les nappes hypnotiques et les rythmes envoûtants tentent de traduire les bleuités en vibrations.
L’exposition se veut alors un rapprochement des pratiques artistiques et comme la traduction des multitudes de teintes et de tonalités.
« L’espace que nous traversons est ce bleu terrestre invisible qui fait corps avec nous. » — Jean-Michel Maulpoix, Une histoire du bleu, 1992